Infractions environnementales, la nécessité de repenser les sanctions en Afrique.

Article : Infractions environnementales, la nécessité de repenser les sanctions en Afrique.
Crédit:
29 août 2020

Infractions environnementales, la nécessité de repenser les sanctions en Afrique.

Imaginez un frigo familial rempli de denrées et de produits. Un frigo dans lequel toute une famille consommerait au fil des jours des produits se trouvant à l’intérieur sans qu’il y ait ravitaillement, à votre avis que se passerait-il ? Évidemment le frigo deviendrait vide à un moment donné. Et bien c’est ce qui se passe avec notre environnement et nos ressources.

L’environnement constitue une préoccupation globale qui nécessite l’implication de toutes les couches sociales et des individus vivant en communauté dans la mesure où les impacts sont subis par l’ensemble de la planète. Et le manque d’éducation voire de sensibilisation sous le ciel africain reste un défi majeur dans cette tentative de protection et de préservation.

Nous sommes confrontés à des infractions de tout type au sein de nos communautés : Pollution atmosphérique, déversement des eaux usées, déforestation, gestion de déchets etc… Même si le contexte d’une population vivant parfois en dessous du seuil de pauvreté rend difficile la protection de ce dernier, l’éducation reste la clé qui permettra à notre génération et à celle à venir de comprendre les urgences auxquelles nous faisons face et la nécessité pour d’agir afin de préserver les ressources.

Qu’est ce qu’une infraction environnementale selon vous ?

Ayant un impact considérable sur le développement économique et social de l’Afrique, les problèmes environnementaux se sont multipliés ces dernières années à cause du manque de politiques adaptées, mais également à un manque de volonté réelle de la part des gouvernements africains. Face à ces atteintes constantes sur l’environnement, il convient selon moi de se tourner vers une approche différente, une démarche plus répressive des infractions via la création d’une « contravention environnementale ».

Une infraction environnementale est un comportement attentatoire à l’environnement, prohibé par des textes légaux ou réglementaires et susceptibles de sanctions pénales. Les infractions les plus courantes dans nos pays africains restent : la pollution de l’air, la pollution plastique et aquatique ; la déforestation, la destruction d’espèce protégée, le commerce illégal de la flore et de la faune sauvage, la gestion des déchets pour ne citer que ceux-là.

Infractions environnementales, la nécessité de repenser les sanctions en Afrique
Infractions environnementales, la nécessité de repenser les sanctions en Afrique.

Pourquoi une contravention environnementale ?

Par définition, la contravention constitue une infraction punissable d’une amende. Créer une contravention dans les pays africains afin de réprimer les infractions environnementales implique la mise en place de tout un dispositif. Bien évidemment cette mise en place nécessite en amont un travail d’éducation et de sensibilisation auprès d’une population parfois naïve et insouciante. Repenser le système de répression au niveau régional par la création d’une contravention environnementale répondrait en partie selon moi à une problématique majeure : l’implication de tous pour la préservation de notre environnement. Parvenir à adopter et faire pérenniser des solutions permettant de diminuer les gaz à effets de serre, les changements climatiques et toutes ces répercussions négatives sur notre planète sera l’un des objectifs de ce mécanisme.

Cependant, certaines inquiétudes restent à soulever : d’une part, celle de savoir si la mise en place d’une telle mesure serait la bienvenue sur un continent où la population subit déjà les conséquences de l’accroissement de plusieurs autres maux environnementaux (réchauffement climatique, déforestation, érosion, désertification etc ) ? Les industries et entreprises polluantes utilisant des matières extrêmement nocives seront également visées par cette mesure même si la sanction devra être équivalente au degré de pollution. Dans cet ordre d’idée, on peut citer la France qui instaurait il y a quelques années la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) pour les entreprises dont l’activité ou les produits étaient considérés comme polluants : émissions polluantes, déchets, matériaux d’extraction, huiles et préparations lubrifiantes etc.

Ce mode de répression des infractions environnementales a fait ses preuves dans plusieurs pays à l’instar de la France, du Maroc, du Rwanda ou du Kenya. Face à l’expansion récente de la pandémie du coronavirus, le gouvernement français à doubler l’amende qui variera dorénavant de 68 à 135 euros pour les masques jetés par terre. Cette mesure a eu pour effet de réduire un tant soit peu les incivilités quand on sait que les masques sont non recyclables et mettent pratiquement 400 à 450 ans à se dégrader. Et pour lutter contre la souillure de l’espace public depuis 2016 en Suisse, les villes à l’instar de la Lausanne prirent des mesures pour garder leurs rues propres en permettant à tout employé communal assermenté d’amender un contrevenant pris en flagrant délit (par voie d’amende allant de 0 à 300 francs suisse). Stéphane Beaudinot, chef du service de propreté urbaine de la ville de Lausanne affirmait : « Cette répression s’adresse à une tranche de la population qui ne répond pas à la sensibilisation ».

Quant au Rwanda, ce pays a su mettre en place des politiques et programmes de développement durable qui ont placés sa capitale Kigali au rang de l’une des 10 villes les plus propres d’Afrique selon un classement de l’ONU. Et l’application de la loi du 10 septembre 2008 relative à l’interdiction de fabrication, d’importation, d’utilisation et de vente de sacs en polyéthylène ainsi que l’instauration entre autres d’amendes allant de 10000 à 300 000 francs ont fait du Rwanda un pionnier en matière de la lutte contre la pollution issue du plastique.

Le fait d’uriner sur la voie publique, jetez du mégot de cigarette, du papier/emballage plastique ou encore des dépôts sauvages d’ordures sont autant d’infractions dont nous faisons constamment face et qui méritent à défaut de la réussite des sensibilisations, d’être réprimées. Même si plusieurs pays tels que le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, en passant par le Cameroun et la République démocratique du Congo, ont institué des taxes sur la pollution, les déchets et les gaz à effet de serre, plusieurs efforts restent à faire notamment la création d’une police de l’environnement. L’objectif de ce billet n’est pas de lister toutes les sanctions déjà présentes en Afrique parce qu’il en existe déjà en réalité même si leur application reste à vérifier, mais plutôt de repenser tout le système et de l’adapter au contexte africain.

Les moyens qu’a un pays de faire participer ses citoyens à la résolution des problèmes environnementaux à une grande influence sur son développement à moyen et long terme. Appliquer les bonnes politiques, éduquer, sensibiliser et surtout réprimer les atteintes environnementales et la récidive, telle est la meilleure dynamique à adopter pour un développement durable en Afrique.

Je suis curieuse de connaître votre avis sur la question, alors laissez-moi un commentaire et partagez cet article. Et n’oubliez pas de me suivre sur Twitter @farida_biao ;).

Partagez

Commentaires

KOMBATE LIELO Hermann
Répondre

C’est tout à fait bien décrit et si je peux faire un ajout, je crois que les parents sont les premiers responsables face à ce problème.L’Etat fait plusieurs efforts allant dans ce sens mais dans nos différentes maisons(je veux pas généraliser non plus),il manque clairement des notions de base de l’environnement.Ces différentes infractions doivent être sévèrement punies puisqu’il n’y a rien de plus important qu’un environnement propre.

Faridatou Biao
Répondre

Effectivement les parents sont les premiers responsables mais ces parents ont eux aussi manquer l'éducation sur l'importance de préserver notre environnement et d'adopter les bons geste au quotidien. N'Est-ce pas ces mêmes parents (pas tous bien-sûr) qui se permettent parfois de baisser les vitres de leurs voitures ou des taxis afin d'y jeter une peau de bananes ou un sachet plein de coques d'arachides en pleine rue ? Je ne les incrimines pas vraiment parce qu'ils n'ont pas reçu eux aussi les bases qu'il faudrait, enfin je pense.
Ce manque de notions et de conscientisation de leur part rends aussi difficile les efforts du gouvernement tu vois un peu?
Merci pour ton passage Hermann

Marek Abi
Répondre

L’éducation aiderait à intégrer tout ça dans la société. Mais il y a tellement de choses à intégrer chez nous que le problème environnemental, même s’il est crucial, passe en second plan chez nous.

Bel article looo.

Faridatou Biao
Répondre

je suis tellement d'accord avec ce que tu dis cher ami. Il y a effectivement tellement de choses à intégrer dans nos pays que c'est difficile de trouver une place pour l'environnement. Mais il faut bien commencer un jour ou l'autre. Espérons juste que ces préoccupations soit vite prisent en compte par nos pouvoirs publics avant qu'on atteigne un point de non retour.
Merci Marek.

Cédric
Répondre

Merci pour ces cris de cœur pour alerter la conscience collective sur l'agonie de notre écosystème.
Il faudrait que la dynamique de la sanction et de la rigueur dans la protection de l'environnement soit collective. Que la plupart s'inspirent des bons exemples indiqués dans ton développement.

On ne cessera jamais de le dire, la protection de l'environnement passera par une prise de conscience et des mesures concrètes, voire répressives des pouvoirs publics.

Ces mesures obligeront à une discipline qui parallèlement sera accompagnée par les actions d'éducation et de sensibilisation qui restent à être renforcées

Faridatou Biao
Répondre

Comme tu le dis si bien, la rigueur dans la protection de notre environnement doit aller de paire avec la sanction. Même si les sensibilisations se font de façon quasi quotidienne autour de nous (Associations, publicités, affichage, forum etc...) Je pense qu'on a atteint un niveau où les pouvoirs publics devraient commencer à réprimer les mauvaises actions si on veut conscientiser la population sur ce qui est correcte ou préjudiciable à notre environnement.
Merci Cédric. Ciao

PATALING meheza
Répondre

Merci pour le combat que menez dans ce sens. Ça devrait être un combat collectif. Nous devrions tous prendre conscience et commencer cela dans nos maisons. Ces notions devraient être inculquées à nos enfants dès le bas âge.

Faridatou Biao
Répondre

je suis tout à fait d'accord. Cette éducation nécessite de se faire dès le bas-âge afin de leur transmettre des valeurs et cet amour pour l'environnement.

Merci Meheza

hector Nammangue
Répondre

Salut faridatou, je suis Hector Journaliste Environnement j'ai un magazine web vert-togo qui fait dans du traitement d'information ecolo. On aimerait bien collaborer avec vous.
Voici mon numéro whats app 0022892635685

Faridatou Biao
Répondre

Bonjour Hector, merci beaucoup pour l'intérêt. J'en suis honorée. je vous contacte très bientôt.